Nous y voilà. Aux armes chimiques modernes. A l’attentat dans le métro Japonais, à la guerre entre l’Irak et l’Iran, et au génocide kurde en Irak. A la guerre civile en Syrie. Aux gaz innervants.
Ces composés sont finalement plus proches de la « substance active » classique en pharmaceutique, que du gaz qui brûle tout sur son passage. Ils agissent en inhibant une enzyme au rôle central : l’acétylcholinesterase.
L’acétylcholine est produit au niveau des jonctions entre les neurones moteurs et les muscles, et permet la contraction musculaire en se fixant sur des récepteurs spécifiques. Pour que le muscle puisse se relaxer, l’acétylcholine doit être détruite. C’est là qu’intervient l’acétylcholinesterase.
Les gaz innervants vont prendre la place de l’acétylcholine dans le site actif de cette enzyme. Mais au lieu d’être coupé et relargué, ils se lient de façon définitive, la rendant inutilisable.
L’acétylcholine n’est ainsi pas éliminée, et les muscles restent contractés. Et on finit par mourir d’asphyxie, puisque les muscles thoraciques sont devenu inutilisables.
On a entendu, pour le massacre en Syrie, les observateurs parler de ce gaz avant que les analyses chimiques soient menées sur les échantillons. En fait, les symptômes (avant la mort) sont assez spécifiques de ces inhibiteurs de l’acétylcholinestérase : hypersecretion salivaire, lacrymale, spasmes musculaires… Une vraie carte de visite.
Le (seul) avantage de ces gaz, c’est que compte tenu de leur action très spécifique, il existe des antidotes : l’atropine, le pralidoxime par exemple inhibent les récepteurs à acétylcholine, et provoque ainsi un relâchement musculaire salvateur.
Il n’empêche. Dans un pays en guerre, où l’accès aux soins d’urgence est loin d’être garanti, c’est une arme terrible. Sordide. Comme toutes les armes d’ailleurs.
Sources :
Wikipédia (gaz innervants, acétylcholinesterase, et les articles qui y sont cités…)




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