Archives pour la catégorie sciencemag

>Pourquoi pleure-t-on lorsqu’on est triste ?

>Les larmes ont un intérêt qui se comprend bien lorsqu’une vilaine poussière va dans notre oeil : elles lavent, lubrifient,… Par contre, un épais mystère entourait l’interêt de ces sécrétions lacrymales lorsqu’on est triste. D’autant plus que l’homme est le seul animal connu qui pleure de tristesse. Quelques idées, comme une augmentation de notre capacité à compatir en voyant un visage mouillé de larme.
En 2005, on a commencé à s’intéresser aux sécrétions lacrymales des souris : on y a trouvé des phéromones (messagers chimiques inter-individus). Et pourquoi pas chez l’homme ??

C’est le travail qu’a entrepris une équipe de recherche israélienne. 
Dans des conditions SCANDALEUSES (faire regarder des films tristes), ils ont recueuilli des larmes de femmes, qu’ils ont fait sentir à des hommes dans des conditions toutes aussi scandaleuses (face à des photos de femme dont l’expression est ambigüe, pendant des films tristes, pendant des films érotiques).
Résultats : pas vraiment de compassion de la part des hommes. Par contre, une réduction significative de l’excitation sexuelle. Cela a été mesuré, lors d’expériences en double-aveugle, par plein de paramètre psychophysiologique, par le taux de testostérone (qui diminue nettement), par IRM (les zones correspondantes à l’excitation sexuelle se trouvent nettement moins stimulées).
La conclusion des auteurs : comme chez la souris, les sécrétions des glandes lacrymales (les larmes) contiennent un signal chimique. Du moins celles qui sont émises lors de « sentiments négatifs » induits par la tristesse, chez les femmes. C’est là une limitation de l’étude (même si elle est très pertinente) : les larmes ont toutes été récueillies chez des femmes (les hommes pleurent aussi !), dans les mêmes conditions. 
Une femme qui pleure de rire induit-elle des sentiments… opposés ?
Il pourrait y avoir d’autres limitations : Il n’a pas été tenu compte d’un certain nombre de paramètre, comme en particulier l’état « hormonal » des femmes dont on a recueilli les larmes : sous contraception ? stade du cycle menstruel ? Lorsqu’on sait tout ce qui est excrété par les différents fluides corporels, on peut imaginer que ce sont des choses à prendre en compte. (Et les auteurs le signalent très justement).
Source : 

Human Tears Contain a Chemosignal, Gelstein et al., Science, 2011, 331, 226-230.

>Comment les chats boivent ?

>Les chats ont une jolie langue toute râpeuse, qui paraît tout à fait adaptée à retenir l’eau prisonnière. On imagine une langue bien recourbée, en forme de cuillère, récupérant le fluide vital dans un mouvement fluide et savant. On imagine tout ça, et puis on filme la scène à plusieurs centaines d’images par seconde, et on voit cela (attention, ça va tout de même très vite…):

pour mieux voir, des captures d’images :
Fig. 1
Alors là, c’est le drame. La langue est courbée, mais à l’envers, et en y regardant de plus près, seul le bout de la langue est utilisé, ce bout de langue exempt de ce relief si rugueux… (les auteurs précisent, pour la photo G : « No cats were harmed to acquire this image »)
(On voyait déjà cette drôle façon de boire dans la vidéo « Quicker ‘n’ a wink », posté . mais cette fois çi, c’est un article dans Science dont il s’agit.)
En fait, c’est simplement par capillarité que le chat lape, et après une série d’une vingtaine de mouvement, il peut enfin avaler quelques millilitres… Les chercheurs ont même mis au point un modèle mécanique…
C’est pas beau, tout ça ? 
Bon, ben à imaginer les efforts du chat pour quelques gouttes, ça me donne soif… Je m’en vais prendre une grande gorgée de coca/ bière (rayez la mention inutile…)
Source : 
P.M. Reis et al. Science 2010, 1231-1234.