Quand la médecine fait mal


Avertissement aux lecteurs : Cet article a surpris, énervé certains. Je me permet donc de faire quelques mises au point.

  • Ce blog héberge habituellement des billets « scientifiques ». Ici, il s’agit d’un billet d’opinion sur une certaine pratique de la médecine. Je ne cherche pas à « démontrer » que « la médecine fait mal ». Mais à parler de pratiques qui ont concernées des proches, et qui m’ont heurtées.
  • La médecine moderne et les médecins sauvent d’innombrables vies tous les jours. Comment le remettre en cause ? Ce dont il s’agit ici sont des pratiques finalement « mineures » par rapport aux vies en jeu. Mais sont-elles pour autant acceptables, lorsqu’elles nuisent aux patients, et qu’elles ne sont pas rationnelles ?
  • To be continued…

Si vous êtes des lecteurs assidus, vous avez peut-être remarqué que je ne porte pas toujours les pratiques médicales dans mon coeur. Disons que sans n’avoir jamais eu le moindre problème de santé, j’ai vu, entendu trop d’horreurs pour ne pas être extrêmement méfiant. Hypochondriaque, je ne le suis pas un brin. Cancérophobe, malgré quelques cas dans ma famille et une thèse tournant autour de la synthèse de composé anti-tumoraux, non plus. Ce n’est donc pas du tout dans une optique revancharde que je vous propose ce billet. Mais trop régulièrement, j’apprends de nouvelles pratiques médicales qui mutilent, affaiblissent, asservissent inutilement.

Il ne s’agit pas de faire de généralités et d’accuser en bloc les soignants. Des médecins, sage-femmes, infirmier(e)s se battent tous les jours, et parfois contre leurs collègues, pour faire admettre des pratiques médicales saines, et respectueuses des patients. Je pense en particulier à ceux que je peux suivre sur Twitter, Dr Borée, Dominique Dupagne, Jaddo, GrangeBlanche, Martin Winckler, (et beaucoup d’autres…) et puis je pense aussi à mon médecin généraliste, que j’ai mis près de 10 ans à trouver, et avec qui, enfin, je peux échanger librement.

Je tiens à dire aussi que le métier de médecin est un des plus difficiles que je puisse imaginer. Parce qu’on voit des personnes qui souffrent, et qu’il faut à la fois parvenir à ne pas se laisser submerger par l’émotion, tout en n’oubliant jamais que la personne en face est humaine, et qu’elle a besoin de compassion, et, il faut le dire, d’amour. Alors ? Alors peu de médecins ont cette capacité à rester humain face à leurs patients (et je ne pense pas en être capable, mais, ouf, je ne fais pas ce métier). Les autres devraient peut-être faire un autre métier.

Maintenant, tout cela dit, je parle de médecine en général, parce qu’en France, les pratiques, les discours dont je souhaite parler sont généralisées. Je ne vais pas non plus sortir de scoop, et c’est pourquoi je mettrais beaucoup de lien vers d’autres sites, bien informés.

Dernier avertissement : je veux parler de mon expérience, ou de celle de mes proches. Pas faire une revue de la littérature argumentée, où j’aurais, pour chaque papier cité revu sa méthodologie d’analyse et de traitement statistique.

Donc la leçon du jour :  Comment asservir, faire mal, par la médecine

Technique 1 : La carte d’abonnement. Pour pouvoir asseoir l’autorité de la médecine, il faut que le patient ait toujours une bonne raison d’aller voir son médecin. Il faut donc distribuer des cartes d’abonnement. Certaines spécialités adoooooorent cela. Personnellement, j’en connais deux: endocrinologues et gynécologues.

Pour les gynécos, il faut absolument lire M. Winckler, qui a abondamment discuté des abus de ceux-ci (cet article, entre autre. ou son livre « le choeur des femmes »). Quelques exemples: la contraception : certains gynécos donnent des prescriptions pour une pilule pour 3 mois ou 6 mois. Là où la loi leur permet de faire des prescriptions annuelles. Hors situations exceptionnelles, comment peut-on le justifier ? Sans parler des stérilets, dont la durée de vie est de 5 ans environ… La palpation des seins. Beaucoup de gynécos, dès l’adolescence, palpent la poitrine de leurs patientes chaque année. Compte tenu des statistiques sur les cancers du sein, il est absurde que cet examen humiliant (Update : humiliant quand il est pratiqué sans raisons médicales valables) ait lieu avant 35 ans (hors situations exceptionnelles évidemment !). Les frottis : beaucoup de gynécos en font un par an, dès l’adolescence. Hors les recommandations officielles préconisent un frotti tous les 3 ans, à partir de 25 ans. (Avant 25 ans, il y a non seulement un risque extrêmement faible de cancer, mais en plus un risque réel de faux positif). Comment justifier ces pratiques ? (Une secrétaire médicale m’a remonté les bretelles au téléphone à ce sujet, comme quoi j’étais irresponsable de penser que cela suffisait, et qu’elle était bien contente de se faire *** chaque année). L’examen gynécologique : passage obligé ? Vous êtes vraiment sûr ? Alors il faut me dire à quoi ça sert pour de vrai, hors symptômes gynécologiques (M. Winckler le rappelle d’ailleurs en partie dans son billet sur la contraception). Je vous passe ici l’échographie endovaginale réalisée TOUS LES ANS à une personne de mon entourage de moins de 25 ans, sans aucun problème de santé… (Si vous ne savez pas ce qu’est une échographie endovaginale, eh bien… renseignez-vous). Bref, si on rationnalisait réellement toutes ces pratiques, les femmes iraient voir leur médecin généraliste ou leur sage-femme une fois par an, ou moins, afin de renouveler leur ordonnance, et de discuter sexualité.

 Pour les endocrinologues, je citerais une anecdote d’une proche. Suite à un malaise vagal, un médecin lui a prescrit une liste d’analyse longue comme le bras (dont un encéphalogramme, si si !), qui comportait un dosage de la TSH (principale hormone thyroïdienne). Le labo d’analyse, pour des raisons obscures ou financières ( au choix), a décidé de réaliser aussi le dosage d’anticorps auto-immun qui peuvent expliquer une hypothyroidie. Ca ne rate pas, la TSH est normale, mais il y a légèrement plus que la norme du labo d’anticorps. Rdv chez l’endocrino, qui dit qu’en fait, ces anticorps sont présents chez près d’un quart de la population, et que cela n’a aucune conséquence. Si un jour des symptômes apparaissent, il faudra penser à la thyroide, c’est tout. Mais elle lui propose QUAND MEME un suivi « à vie », avec une prise de sang tous les 6 mois. (Renseignement pris chez une autre endocrino : sans pouvoir rien justifier médicalement, elle aurait fait pareil.).

Technique n°2 : Déformer ou cacher des informations, tromper, faire peur

Vous trouvez que j’y vais fort, n’est ce pas ? Je cite un médecin consulté pour mon fils de moins de 3 mois ayant la varicelle, et que j’aurais dû amener à l’hosto en cas de fièvre, où il aurait dû subir Radio de la poitrine, ponction lombaire, prise de sang : « Il est prouvé, toutes les études le disent, que la ponction lombaire chez un nourrisson est SANS DOULEUR ! » Une telle affirmation va à l’encontre de tous les efforts qui ont été réalisés depuis le début des années 1980 pour prendre en compte la douleur des enfants. Et je n’ai pas trouvé de trace de toutes ces études. S’il s’agissait d’un chercheur, évalué par ses pairs, comment aurait-il été jugé ??

Un autre, gynéco cette fois, à propos du dépistage du diabète gestationnel, non obligatoire mais recommandé par le CNGOF à l’époque, qui depuis a été réservé aux personnes « à risque » : « si vous ne faites pas cet examen, vous mettez en danger de mort votre futur enfant« . Je me suis pas mal renseigné sur le sujet (voir ce billet, un peu ancien déjà), en lisant nombre de rapports d’experts (de la HAS, du CNGOF, etc…), ainsi que des méta-analyses… Dans le cas d’une personne non diabétique (je parle de diabète vrai, de type 1 ou 2), cette affirmation est absurde. Et ne vise qu’a obliger une patiente à faire un examen coûteux lorsque il est généralisé.

Je souhaite ici citer le travail de D Dupagne, qui se bat contre les affirmations (qui vont à l’encontre des résultats de la recherche) de certains médecins sur les dépistages (en particulier sur le cancer de la prostate).

Pour moi, il est anormal que les médecins, que tout le monde considère comme des scientifiques, ne soient pas en mesure de se renseigner, et de justifier de façon rationnelle et scientifique leurs pratiques. D’entendre de plus des fausses informations, parfois énoncées en toute connaissance de cause me semble en dehors de tout cadre déontologique.

Je citerais un dernier exemple, un peu différent, mais caractéristique de ce que je viens de dire : un psychiatre, à une amie maître de conférence en Sciences humaines, qui demandait à ce que son traitement anti-dépresseur soit réduit : « Non, et je ne discuterais pas avec vous : vous les professions intellectuelles supérieures, vous savez trop argumenter, alors je finirais par avoir tort. Donc, c’est non, sans discussion. »

Technique n°3 : Etre partout, tout le temps

La médecine moderne s’est implantée peu à peu à toutes les échelles de notre vie. Il faut manger 5 fruits et légumes par jour, faire du sport, ne pas boire, ne pas fumer, se laver les mains 12 fois par jour, mettre de la crème solaire dès que l’on sort(y compris en hiver d’après certaines sources médicales), surveiller sa ligne, ne pas manger trop salé… Sinon on meurt. Je ne dis pas qu’un grand nombre de ces conseils ne sont pas de bons conseils, mais lorsqu’on sort du « conseil », pour devenir une « prescription », là, c’est un problème. D’autant plus que certains de ces conseils sont… surprenants, voire arbitraires. Par exemple, on ne doit plus JAMAIS être au soleil sans protection.. Or, c’est lorsque notre peau est exposé au soleil que nous fabriquons de la vitamine D, pour laquelle les études épidémiologiques montrent que nous sommes carrencés. On va donc prendre des suppléments de vitamine parce que le soleil est l’ennemi de notre peau ? Y a pas un truc qui cloche ? Et réfléchir, être raisonnable, ça fait trop travailler le cerveau, c’est un facteur de risque de schizophrénie ou de dépression ?

De toute façon, comme dit mon médecin généraliste : « on ne peut plus péter sans que la médecine s’en mêle« .

Un autre domaine est très révélateur de cette main-mise du médical sur la vie quotidienne. La puériculture, « l’art d’élever les enfants ». Boltanski, en 1969, a écrit à ce sujet un ouvrage formidable : Prime Education et Morale de Classe. Voilà ce qu’on peut y lire par exemple :

 La diffusion de la puériculture ne s’est pas faite […] spontanément ni au hasard ; elle est le résultat d’une entreprise systématique qui, commencée à la fin du siècle dernier, se poursuit encore aujourd’hui, et ne constitue qu’un élément à l’intérieur d’un projet plus vaste, plus ambitieux : régler la vie, particulièrement celle des membres des basses classes, régler tous les actes de la vie, y compris les plus intimes et les plus privés, ceux qui s’accomplissent à l’intérieur de la maison, au sein du foyer « 

Mme Déjantée en a fait une analyse très pertinente dans ces deux articles (ici et ici), et elle note en particulier, tout en citant largement l’auteur :

« C’est ainsi que l’avènement des statistiques dans la première partie du XIXème siècle a amené « chez les administrateurs, les médecins, mais aussi dans le public, une prise de conscience de la mortalité infantile et de son importance. » (p.55) faisant germer dans leur esprit la nécessite d’ « imposer un « style de vie nouveau », une « nouvelle morale » » (p.56) à ceux dont les mœurs sont tenues pour responsables de cette situation dramatique que sont les classes laborieuses. Ce changement prenant pour base l’école, vue comme outil d’acculturation propre à instaurer et asseoir la légitimité et le pouvoir du médecin tout en bannissant les traditions populaires et familiales. »

Ce qui est particulièrement saillant, en puériculture, c’est qu’il ne s’agit pas de soigner, mais de « maintenir une bonne santé » un enfant qui l’est déjà. Pour cela, on a au cours du XXeme siècle inventé des règles sorties de nulle part : Pendant leurs premiers jours de vie, les bébés ne devaient consommer que de l’eau sucrée. Un bébé doit être immédiatement lavé après sa naissance, etc. Ces considérations, ayant le statut de règles, ne sont pas dictées par un savoir scientifique, mais bien par une idée de « ce qu’il convient de faire », aussi critiquable que les discours de comptoir. Sauf qu’elles sont énoncées par une personne ayant de l’autorité, c’est-à-dire le soignant. Au patient de s’exécuter docilement, afin de rentrer dans la norme.

Technique n°4 : Humilier, faire mal

Pendant ma thèse de chimie organique, un collègue thésard suivait en même temps des études de médecine. Externe cette année là, il nous a raconté, sans broncher, comment on lui avait appris à gérer les tentatives de suicide par ingestion de substances dangereuses (médicaments ou autre) : Il fallait réaliser un lavage d’estomac, et surtout, FAIRE MAL POUR QU’IL OU ELLE, « CE CONNARD OU CETTE CONNASSE » NE RECOMMENCE PAS, ET COMPRENNE QUE C’ETAIT UNE CONNERIE. Je n’invente rien. c’était en 2008. Et ce qui est dramatique, c’est que cela faisait partie de ce qu’on lui apprenait !

J’ai exactement le même témoignage d’une ancienne aide-soignante, en centre IVG : les médecins pratiquant l’avortement décidant volontairement de faire mal aux patientes. (Ce témoignage là correspond à une situation dans les années 1980. Espérons que cela a complètement changé.)

Humilier, c’est encore plus facile. Une petite phrase par ci, une autre par là… Et ça permet d’anihiler la volonté. Tenez, encore un gynéco, à une proche qui a eu un enfant à 19 ans (grossesse volontaire) : « A votre âge, normalement, on vient me voir pour un avortement, pas pour une grossesse ! » Comment ne pas sentir misérable, inférieur(e), et finalement soumis(e) après de tels propos ?

Technique n°5 Mutiler

Mutiler, c’est détruire ou dégrader pariellement une partie du corps de façon irréversible. Les mutilations dont on entend le plus parler aujourd’hui sont les excisions qui consistent, s’il est besoin de le rappeler, à enlever tout ou partie du clitoris chez une femme.

Il y a quelques jours, Un tribunal allemand a jugé que la circoncision est contraire à l’intérêt de l’enfant. La circoncision qui consiste en l’ablation totale ou partielle du prépuce a été introduite et généralisée, hors motif religieux, pour lutter contre… la masturbation . (Comme l’excision d’ailleurs) Si aujourd’hui, on se pose des questions, c’est qu’on estime, à un degré certe moindre que l’excision, qu’il s’agit d’une mutilation pouvant perturber la sexualité des hommes. En 2006, plus de 56%  des bébés étaient circoncis dès la naissance aux USA. En 2009, ils n’étaient « plus que » 32,5 % (source : wikipedia). Ce qui me choque ici, c’est que les médecins ont pratiqué de façon systématique une opération chirurgicale, sans avoir un commencement de preuve du rapport bénéfice-risque, qui est censé être à la base de leur pratique. Heureusement, les pays anglo-saxons sont une exception sur la question, et ils sont les seuls à avoir proposé cette opération hors religion de façon systématique. En France, cela ne fait pas partie des pratiques médicales pédiatriques.

Ce qui fait partie des pratiques médicales systématisées, même s’il y a des progrès en la matière, c’est l’épisiotomie. Globalement, ce geste chirurgical concernait en France la moitié des accouchements en 2003-2004. Je n’ai pas trouvé de statistiques plus récentes. Cela aurait été d’autant plus intéressant qu’en 2005, le CNGOF (Collège National des Gynécologues Obstréticiens de France) réévaluaient ses recommandations, préconisant l’abandon de cette technique, dont on a prouvé qu’elle n’apportait dans l’extrême majorité des cas aucun bénéfice lors de l’acccouchement (voir les recommandations ici). Un exemple présenté en 2011 lors d’un symposium, montre comment depuis 2005, une maternité de CHU a vu son taux d’épisiotomie diminuer de près de 20%, autour de 25 % globalement. Soit un quart des acccouchements, là où une pratique est censé ne pas être recommandé. Ce qui est assez drôle c’est la conclusion de cette présentation :

« Le groupe de travail a décidé fin 2009, de clore cette démarche d’EPP tout en continuant à rendre aux équipes leur taux d’épisiotomies en référence au taux moyen régional et national via l’Audipog (http://www.audipog.net). En effet, le taux atteint ne laissait plus présager une grande marge d’amélioration étant donné le recrutement important de grossesses pathologiques dans notre centre. »

Rappelons que quelque soit la situation, accouchement pathologique ou non, l’épisiotomie généralisé n’a jamais apporté de preuve de son intérêt. Dans ce cadre, comment interpréter cette conclusion ? Un mépris pour les patientes ?

Si je parle d’épisiotomie, c’est qu’il existe une pratique courante dans le cadre des soins après l’accouchement : il s’agit du « point du mari« . L’idée générale, c’est de recoudre l’épisiotomie en rajoutant des points de suture au delà de ce qui a été incisé. L’ouverture du vagin se retrouve resséré, et permettant au « mari », d’avoir plus de plaisir, ou du moins autant qu’avant l’accouchement, lors des rapports sexuels. Cette pratique, dont on trouve aussi beaucoup de traces lorsque les mères se plaignent d’avoir été recousues « trop serrées » semble avoir été généralisée. Je n’ai pas trouvé de statistiques sur le sujet. Les conséquences sont des douleurs importantes, insupportables parfois lors des rapports sexuels, nécessitant parfois une opération chirurgicale ultérieure. (On entend aussi des mères discuter de la façon dont elles ont eu mal après leur accouchement, « jusqu’à ce que leur(s) point(s) lâche(nt) » Et pour quelle raison ? Faire plaisir « au mari » ? Comment des médecins ont ils pu dire à leurs patientes « Votre mari me remerciera  » (sic) ? N’est-ce pas une mutilation injustifiable ?

En matière de mutilation, la gynécologie est décidemment en pointe. La question des personnes « intersexes » (qui présentent à la naissance un sexe indéterminé, entre le masculin et le féminin) est assez sordide. La plupart d’entre elles se sont vues « mutilées » à la naissance, sans aucune nécessité, le médecin ou l’équipe médicale décidant du sexe à attribuer, en fonction de critères esthétiques. Certains se sont vus supprimer la partie qui ressemblait à un pénis, et reconstituer un vagin, d’autres enlever la partie féminine de leur anatomie (vagin, utérus). Je ne suis pas très bien placé pour parler en détails de ces pratiques. Elles sont très largement évoquées dans le roman de M. Winckler « le choeur des femmes », ainsi que sur des sites dédiés à la cause des individus intersexes.

 

Pour moi, ces différentes techniques ont pour conséquence une soumission à la médecine, toute puissante, qui décide non seulement de qui est en bonne santé et qui ne l’est pas, sans l’objectivité scientifique qu’on est en droit d’exiger, mais aussi de la norme à atteindre, quelqu’en soit le prix, même s’il s’agit de faire peur, d’opérer, de mutiler.

Mais finalement, qui blâmer ? Les médecins, qui manquent considérablement de temps, et n’ont plus le temps de communiquer réellement avec leurs patients ? Leurs formateurs ? Les pouvoirs publics ? L’aspect juridique de la médecine moderne ?

Peut-etre, pourtant, qu’il doit bien exister des débuts de solutions !

Pourquoi n’existe-t-il pas systématiquement des groupes de paroles pour les médecins, supervisés par des psys ? Après tout, leur métier est réellement dur et traumatisant. Les psys se supervisent entre eux, pourquoi pas les médecins ?

Pourquoi la formation psy est-elle aussi peu présente lors de leur formation ? Pourquoi ne pas l’inclure dès les premières années, et la rendre centrale ?

Pourquoi exiger des médecins toujours plus de consultations quotidiennes, et pourquoi ne pas permettre et préconiser, au contraire, des consultations de durées minimales plus importantes, où un véritable échange avec le patient pourrait s’instaurer ?

Pourquoi la formation continue des médecins n’est-elle pas obligatoire ? Les médecins de 60 ans ont été formés aux pratiques d’il y a 30 ans. Il y a trente ans, le sida n’existait quasiment pas, la douleur des enfants non plus, pas plus que la plupart des traitements anticancéreux généralisés aujourd’hui.

Pourquoi les labos pharmaceutiques ont-ils une telle main-mise sur la médecine, à travers leurs subventions aux congrès, leur lobbying, leurs visiteurs médicaux ?

Pourquoi ne pas démocratiser, ouvrir à tous les savoirs médicaux ? N’est-ce pas abérrant de voir des ressources réservées uniquement aux médecins ? Quelle science peut se permettre de priver le grand public de ses connaissances ? (je pense en particulier aux sites accessibles uniquement aux médecins (vidal par ex.)…)

En guise de conclusion, je vous invite à lire le serment prếté par les médecins français depuis 1996 (source : Wikipédia)

 Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. 

N.B. Cet article n’étant pas à proprement parler scientifique, il ne paraîtra pas sur la plateforme du c@fé des sciences.

N.B. 2 Tout commentaire, enrichissant et même me contredisant complètement est le bienvenue.

About Mr Pourquoi

Ce blog est né il y a quelques années du désir de parler des sciences, de toutes les sciences, depuis les plus insignifiants phénomènes qu’on peut rencontrer dans la vie courante, jusqu’aux sujets de recherche les plus pointus, particulièrement en chimie, et pharmaceutique. Je suis agrégé de chimie, docteur en chimie organique, et actuellement prof en lycée en France, et aussi, (et surtout ! ) un père heureux d’une famille (très) nombreuse.
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17 Responses to Quand la médecine fait mal

  1. thoracotomie says:

    Ce texte est choquant à lire pour quelqu’un du monde médical. La plupart des soignants bosse plutôt bien. Ils sont animés de bonnes intentions, ils ne sont pas parfaits non plus.
    La profession est difficile, épuisante moralement, justement parce qu’on demande beaucoup de choses à des êtres humains qui s’occupent d’autres êtres humains en situation de fragilité.
    Je ne suis pas d’accord sur l’expression « qui ont besoin d’amour ». Oui ils ont besoin d’amour c’est évident, mais ce n’est certainement pas aux médecins de leur donner de l’amour, mais de l’empathie, de l’écoute, de la compréhension et de faire au mieux sur les soins.
    C’est effectivement sur les soins que de gros efforts sont encore à faire parce qu’effectivement il y a des situations gênantes, malaisantes pour les patients et qui pourraient être combattues simplement.
    Malheureusement les gens qui vont lire ce texte et qui ne sont pas soignants vont prendre peur ou se méfier (or vaincre les réticences de patients pour la prise en charge de leur maladie est très difficile).
    Les soignants vont se sentir attaqués.
    Les médecins qui se comportent mal et qui ne se remettent pas en question, de toutes façons ne liront jamais ce blog, car ils lisent très peu, et restent imperméables aux critiques.
    Le ton du texte est difficile à supporter malgré l’avertissement parce qu’on a malgré tout l’impression d’une animosité contre les soignants et on ne comprend pas pourquoi.
    Pour avoir vécu à titre personnel et familial, l’autre côté de la barrière, oui j’ai observé des comportements stupides voire sadiques gratuitement, pour autant je pense toujours que ces situations sont vraiment minoritaires.
    Malheureusement le manque de temps, le stress permanent, des demandes croissantes (parfois très exigentes et pas toujours justifiées) créent aussi des conditions néfastes à l’amélioration des pratiques de tous les jours.

    • Mr Pourquoi says:

      Merci pour ce commentaire. J’aurais sans aucun doute dû être plus mesuré dans le ton de l’article. Malgré tout, je pense réellement ce que j’ai écrit, et l’animosité que j’éprouve est plus tourné vers les pratiques médicales inutiles ‘qui font mal’ que vers les soignants. Ceux-ci pêchent surtout pour moi dans le manque de recul et de rationnalité dans l’application de ces pratiques.
      De plus, je l’ai dit dans ce billet, peut-être pas assez fort, le manque de temps et de moyens est aussi au coeur de ces problèmes. Comment un médecin qui se tape plus de 15 patients pendant la journée, jusqu’à 20 heures, peut-il ensuite aller à une formation ? Et comment peut-il prendre le temps avec chacun d’eux ? Pour les « demandes croissantes », je suis bien d’accord, et quand on voit l’abondance de justificatifs qu’on demande aux praticiens, il y a de quoi craquer. Mais n’est-ce pas le retour du bâton de la médecine partout ? Puisque tout est médical, le médecin est sollicité… tout le temps. Et le praticien se voit embarqué dans une spirale qu’il n’a pas souhaité, mais à laquelle il participe malgré lui.

      Pour cette histoire de « méfiance », je ne suis pas d’accord. La méfiance est un sentiment qui me paraît sain, vis-à-vis de n’importe quel soignant que l’on ne connaît pas. Celui-ci va pénétrer de manière très importante la sphère la plus intime du patient. Cela ma paraît normal et souhaitable que ce dernier n’accorde pas sa confiance « a priori ». Par contre, c’est au praticien de convaincre, de façon rationnelle, du bien fondé de sa pratique, et des traitements qu’il propose. Quand la confiance a pu s’instaurer, grâce au dialogue tout particulièrement, un billet comme celui-ci montre juste qu’on a « de la chance d’avoir trouver un médecin digne de confiance »

  2. Docfanny says:

    Bonjour,
    Meme si je ne refute pas ce que vous avez écrit, comme @thoracotomie le ton de ce post m’a mis mal à l’aise.
    Bien sûr, il y a des soignants maltraitants ou pervers et il faut les dénoncer.
    Bien sûr, la FMC des medecins laisse à desirer.
    Bien sûr, BigPharma fait de son mieux pour annihiler tout esprit critique (et c’est rien de le dire)
    Cependant il ne faut pas faire l’amalgame entre perversité et maladresse.

    Finalement, c’est surtout le plan de votre post qui me dérange. J’aurais plutôt terminé par les « stars medicales du web » pour finir sur une note positive! Et particulièrement sur ce lien http://boree.eu/?p=1941 car le malaise que décrit @Dr_Boree est assez proche de ce que j’ai ressenti en vous lisant.

    « La vie est courte, l’art est long, l’occasion fugitive, l’expérience trompeuse, le jugement difficile.  » Heureusement que « C’est la nature qui guérit les malades. » 😉

    PS: J’ai fait pas mal de gyneco et c’est la premiere fois que j’entends parler du « point mari »???

    • Mr Pourquoi says:

      Merci d’avoir commenté. Je regrette de plus en plus le ton que j’ai utilisé. J’ai essayé de faire la part belle dans ce billet aux médecins qui pensent et font autrement (les stars du web, et tous ceux qu’on ne connaît pas, mais qui se battent à leur niveau).

      J’avais lu le billet de Borée « Winckler, tu fais chier ! » et il m’avait vraiment plu. Il est bien difficile de rester un interlocuteur parfait dans toutes les circonstances, et les patients doivent être très dur à supporter parfois ! A ce sujet, je m’amuse beaucoup des PPCS de @Jaddo sur Twitter, alors que j’ai entendu certains twittos s’en offusquer.

      Il ne me sembla pas avoir fait d’amalgame entre perversité et maladresse. Je suis, hélas, persuadé que cette idée de « faire mal » pour que le patient ne recommence pas est quelque chose qui n’est pas lié à la perversité. Mais plutôt à l’idée qu’on se fait de la psychologie du patient. Personnellement, je rapproche cette pratique à celle qu’on voit dans « le choeur des femmes », où l’héroïne, qui a appris à mettre/retirer sans (trop) de douleur un stérilet, doit en enlever un à une femme de 45 ans. Pour marquer son désaccord à l’idée d’avoir un gosse à cet âge, elle va pour utiliser sa vieille technique, beaucoup plus douloureuse. Ce n’est pas de la perversité, c’est humain de se trouver en désacccord, voire en colère. Mais abuser de ses connaissances pour satisfaire son sentiment, c’est déontologiquement inacceptable.

      Pour « le point du mari », n’étant pas médecin, j’espère me tromper. Pour être patient, et en avoir discuté, je crois qu’il s’agit, malgré tout, d’une pratique qui existe suffisamment pour être pratiqué dans plusieurs maternité. Et même s’il ne s’agissait que d’un seul établissement, cela serait déjà scandaleux.

      Enfin, je tiens à dire que je suis prof de lycée, et qu’exactement les mêmes comportements désastreux existent, et sont très répandus parmi les enseignants. On n’a simplement un peu moins de pouvoir sur les élèves que les médecins sur leurs patients. Cependant, ma profession n’étant pas « libérale », je ne peux pas réellement en parler ici, sur ce blog qui n’est pas assez anonyme.

  3. jausephine says:

    C’est vrai que le ton du message est virulent. je comprends que ça puisse choquer de bons médecins, je suis assez d’accord aussi avec le fait que les mauvais ne liront jamais ce genre de choses.
    Mais… je comprends aussi qu’on ait envie d’exprimer ça.
    Pour le côté patient (car je ne suis pas du monde médical): j’aurais pu écrire quelque chose d’analogue sur mon accouchement… L’humiliation, la douleur, le ricanement et la moquerie face à la douleur ou aux peurs (probablement infondées, mais comment savoir quand on est une primipare terrorisée), voilà ce que j’ai vécu. Les touchers vaginaux toutes les heures, la tentative de décollement des membranes sans me le dire, l’impression de subir un viol qui s’est répété une bonne dizaine de fois… Alors que des mots gentils (pas un discours, un ou deux mots) auraient probablement suffi à me mettre en confiance.
    Je me souviendrai toute ma vie de la phrase de la sage-femme: « le docteur m’a dit que je pouvais faire ce que je voulais de vous, on déclenche? » L’humiliation quand je demande à aller aux toilettes (je demande ça?!? j’avais bien intégré l’infantilisation mise en place) et qu’elle me demande ce que je compte y faire… L’anesthésiste qui me « gronde » d’avoir peur de la péri parce qu’il veut se dépêcher d’aller voir son match, expression abdominale, épisio sans avertissement…
    Le séjour à la maternité a été sur le même ton: infantilisation des puéricultrices qui rient à mes questions « stupides » alors que je pleure en silence d’être une si mauvaise mère (aucune information sur la dépression post-partum dont j’ai souffert pendant des mois après), examen de l’épisio (qui a été recousue en rigolant avec le mari) en fronçant les sourcils et sans dire pourquoi – j’ai appris après qu’elle avait été mal faite, j’en ai souffert pendant presque un an…
    La conclusion du gynécologue et de la sage-femme: « accouchement qui s’est très bien passé »… Alors que j’en garde un souvenir horrible.
    Cette maternité est censée être une bonne maternité. Moi, quand je dois passer devant je baisse les yeux et marche plus vite.
    Je sais que la plupart des soignants ne sont pas comme ça. Peut-être que ma sensibilité était exacerbée et que du coup, j’ai mal interprété toutes ces petites phrases prononcées sans y réfléchir. Mais quand on devient maman pour la première fois, il me semble qu’avoir les nerfs à fleur de peau n’est pas rare… Sur le coup, je pensais que tout cela était normal, et je me suis livrée à tous les gestes sans réagir. j’ai appris ensuite, notamment en parlant avec d’autres mamans, que j’aurais pu refuser certaines choses… j’aurais aussi aimé leur dire que je suis plus qu’un bout de viande…

  4. DRR says:

    Il ne me semble pas que le ton de l’article est inapproprie. En plus, je ne vois pas de critique vis a vis les aides soignants, la plupart de l’article vise les pratique habituelles des medecins.
    Le probleme principal est que d’un cote les medecins n’ont pas de formation d’orientation scientifique. Une formation scientifique inclus un bon part de doute par rapport aux conclusions auquelles on arrive, et les medecins, au contraire, pense qu’ils ont toujours raison. C’est pour ca que des pratiques medicales sont construites parfois sur de la tradition au lieu d’etre construite sur des bases scientifiques. L’attitude des medecins vis a vis leurs patients est aussi souvant de « moi medecin je sais tout et toi patient tu ne sa sait rien ». Hors quand on sait qu’une grande partie de diagnoses sont fausses, on se pose la question comment les medecins peuvent rester a penser ca toute leur vie.
    Notons egalement que la plupart des pratiques abusives decrite sont sur des patients dans un etat particulierement fragile: femmes pendant accouchement, bebes… Il faut y ajouter la pratique de ne pas donner de peridural avant une certaine dilatation lors du premier accouchement « pour ne pas ralentir la dilatation », ce qui a ete demontre d’etre inutile, et meme obtenir des resultats contraires. Le probleme est que du moment ou une pratique est etablie si on contredit son utilite on tombe sur le cas de « my mind is made up – don’t confuse me with the facts ».
    Il me semble pourtant que les medecins ont des formations durant leur vie professionnelle. Mais celles si sont de nature a leur apprendre les dernieres nouveates dans leur domain, et non pas a introduire une esprit plus scientifique vers leur pratique.
    Ma solution personnelle au probleme est d’essayer de trouver des medecins raisonables qui ne me prennent pas pour une debile, et d’aller voir d’autres medecins tant qu’un probleme n’est pas resolu / pas bien diagnostique.
    Un recent cas d’etude ou je figure comme patiente : j’ai recemment vu un medecin collegue du bureau de mon medecin habituel, qui, lui, est en vacances. Sans osculter, il a decide que j’ai une pneumonie bacterienne et m’a donne une antibiotique. J’etais tres faible, et meme chuchoter m’etait difficile. J’ai decide d’essayer l’antibiotique, bien sur sans resultat. Apres le weekend, j’ai telephone pour demander si je peux avoir un inhalateur. Il a refuse categoriquement, donc je suis allee voir un autre medecin, qui m’a osculter, rien trouve aux poumons, et prescrit un inhalateur sans que je lui ai meme demande. Le primier medecin a demande que le deuxieme l’appelle (au lieu de me dire ce qu’il pense), et tout ca pour dire au deuxieme de me prendre une radio de poumons. En sachant que meme si j’ai une pneumonie elle est probablement virale, vu que je n’ai pas eu de fievre. Apres la conversation, et vu que le deuxieme medecin etait plutot etonne par la demande du premier, mais d’accord pour faire la radio au cas ou, j’y ai renonce. L’inhalateur a beaucoup ameliore ma condition. Evidemment, je n’irai plus jamais voir le premier medecin, qui etait, d’ailleur, assez vieux. Il me semble que plus les medecins sont vieux plus ils sont confiant qu’ils peuvent voir les bacteries a l’oeil nu.

  5. Atkinson says:

    Bonjour,
    Vous avez visé dans le mille avec la gynéco et l’obstétrique, les spécialistes doivent aimer faire parler d’eux et de leurs comment dire… prouesses : connaissez-vous le blog BOOBS http://boob.over-blog.fr/ ?
    Je n’ai pas l’impression que ces pratiques soient marginales, je rencontre tous les jours des femmes qui témoignent de ces abus. Je ne vous ai pas trouvé virulent par ailleurs, vous vous interrogez à juste titre sur ces pratiques.
    Bien à vous

  6. Vervaine says:

    Eh bien moi je le trouve bien votre article, et le ton est juste ce qu’il faut ! Oui, il est nécessaire de s’indigner sur les pratiques que vous dénoncez!
    Comme vous l’avez fait remarquer, ce ne sont, je l’espère pas les pratiques majoritaires, mais tout de même, cela fait beaucoup! Et c’est une tendance, un état d’esprit qui progresse rapidement, donc oui, ouvrir les yeux permettrait -on peut rêver, non?- de réduire ces déformations?
    Certains passages de votre texte me font penser à la pièce de théâtre de Jules Romains: Dr Knock. A (re)lire, car cela parait prophétique !
    Merci de ce coup de gueule salutaire !

  7. Danielle says:

    Bonjour,

    Vous dénoncez des cas de maltraitance indiscutable ( vouloir faire mal aux suicidés) et d’autres cas où il y a controverse sur des examens.
    1) Des individus maltraitants, il y a en a partout: parents, médecins, enseignants, fermiers, animateurs sportifs, employés d’abattoir… les humains sont ainsi faits. Aucune loi aussi sévère soit-elle, ne pourra les discriminer totalement.
    2) Votre, notre, indignation de ces erreurs humaines morales provient du fait que nous faisons une autre erreur: nous attendre à ce que certaines professions soient parfaites. Quand nous demandons de l’aide, nous nous attendons à être aidés. Et la société institutionnalise l’aide en la transformant en image d’Epinal: l’aidant formaté par la case « société » n’est plus vu comme un être humain complexe mais une abstraction qui doit être parfaite. Autrement dit, c’est parce que nous avons une image idéalisée du médecin que nous écrivons des billets comme celui-ci. Les maris promettent aussi le jour du mariage de rester fidèles et pourtant ils trompent leur femme ( et vice-versa). Les médecins promettent le jour du serment de ne faire que du bien et pourtant ils se corrompent.
    Si cela choque chez les médecins, c’est que ce sont les nouveaux « dieux » aujourd’hui, on attend donc beaucoup trop d’eux… Autrefois, c’étaient les curés qui jouaient ce rôle… Hélas! Seul « Dieu » est parfait, mais il n’est pas là pour remplacer les humains….
    3) vous reprochez à des médecins de prescrire des examens inutiles. Ces examens permettent de diagnostiquer des maladies mortelles. Ils ne sont pas parfaits, certes, il y a le problème des « faux-vrai », des labos qui font du lobbying, des cobayes humains, etc… Mais , si un jour, l’un de vos proches meurt d’un cancer de la thyroide parce que le médecin aura dit avant, que ce n’est pas la peine de faire les examens d’immuno, vous nous sortirez un billet agressif pour lui reprocher de n’avoir pas fait son métier…. La science est très compliquée et rien n’est automatique ni parfait en terme d’examens ni de soins.

    Les malades souffrent, les médecins les soignent comme ils peuvent, les malades sont parfois aussi irresponsables ( lisez les livres écrits par des médecins, on est horrifié de ce qu’ils entendent dans leur cabinet!!!) , les humains sont imparfaits, nous devons cesser de rêver au paradis perdu et nous comporter comme les adultes: savoir que les humains peuvent nous décevoir comme nous apporter du bonheur, savoir changer de médecin, réfléchir, accepter l’erreur, que nous une savons pas tout, ni le malade ni le médecin.
    Et peut-être faire le deuil des blessures de notre enfance et de tout ce que nous n’avons pas eu de nos parents idéalisés, pour retrousser nos manches au lieu de rester d’éternels opposants… ( lire Alice Miller pour comprendre nos frustrations!).

    Plutôt que de dénoncer « en général » la médecine, attelez-vous à pointer les cas précis pour AGIR auprès des individus concernés et faire que ces gens-là changent dans leur service. Travaillons pour la cohésion et l’espoir plutôt que pour le désespoir et la haine…

    Signé: un humain qui a été malade, parfois bien soigné, parfois horriblement mal soigné, et aussi un professionnel qui aide les autres humains comme il peut, entend leurs souffrances de malades mal soignés ou leurs joies de malades bien guéris…

  8. G. says:

    Question à ceux qui trouvent qu’il ne faut pas critiquer les médecins : Pourquoi le fait que la majorité des médecins soient de bons médecins devrait empêcher de dénoncer les mauvaises conduites de ceux qui ne le sont pas (toujours)? Et dans la phrase précédente, remplacez donc « médecins » par « policier », « enseignant », « prêtre », « mari », « chef d’entreprise » ou tout autre terme, et vous constaterez :
    1) qu’il y a des cas pour lesquels on ne se gêne pas,
    2) que plus le pouvoir que la personne peut exercer sur autrui est importante, moins on en parle,
    3) si on ne dit jamais rien, rien ne progressera jamais!!!
    Par ailleurs, parler de tout cela peut permettre à des gens qui le ressentent en silence d’avoir la possibilité d’en parler aussi, et d’agir positivement pour changer les choses!

    Alors, merci M. Pourquoi de dire ce que vous pensez/ressentez/avez vécu (vous ou votre entourage) et de dénoncer ces mauvaises pratiques.

  9. Niasp says:

    Je relève juste une petite faute de français en passant, n’ayant pas le temps de commenter plus… Lorsque vous parlez du frottis, vous dites « hors ces pratiques…. » en fait on dit « or » (conjonction de coordination) pour exprimer l’opposition : hors c’est plutôt dans le sens « en dehors », c’est un adverbe de lieu.

  10. Pingback: Ces médecins que j’ai eus | Helran in Hell

  11. pascale says:

    Bravo pour cet article, dont je ne trouve pas moi non plus, le ton trop acerbe. Il y a effectivement de quoi se poser des questions… et être sensiblement agacé.
    Moi aussi, j’ai en t^te des exemples à la pelle, de pratiques douteuses et pourtant, j’ai la chance de peu fréquenter le milieu médical. Je me demande donc si c’est réellement si marginal que cela !
    Il y a effectivement assez peu de rigueur scientifique dans les pratiques courantes, notamment chez les médecins et soignants plus âgés, on agit par habitude sans se poser de questions. Ce qui m’a choqué aussi, c’est parfois (ce qui encore trop) le manque d’empathie envers les personnes les plus fragiles : femmes en plein accouchement ou patients âgés ou en situation de handicap.
    POur ce qui est des exemples cités en gynéco., cela me rappelle cet article (je crois d’ailleurs qu’un livre est sorti) du Dr Girard.
    http://www.rolandsimion.org/spip.php?article23

  12. ESFANDI says:

    Je commente un peu tard …. mais…
    Juste un témoignage d’un membre du corps médical (psychiatre), obligé (malheureusement) de saluer et confirmer la plupart des éléments soulevés dans cet article !
    Un bémol, peut-être, au sujet de la circoncision pour laquelle la comparaison avec l’excision me semble dangereuse et peu appropriée… Je n’ai pas notion d’éléments cliniques évoquant une prévalence supérieure de troubles sexuels chez des individus circoncis… En revanche, si la diminution d’un risque de transmission du HIV n’est que très récemment confirmée, le risque minoré des autres infections locales (phymosis…) l’est depuis longtemps… Reste en effet, à interroger le rapport bénéfice/inconvénient sans idéologie aucune… mais quelle qu’elle soit !!
    Encore bravo pour votre texte, responsabilisant pour tout médecin.

    • nimro says:

      Rare que les psychiatres prennent votre position…
      Des abus il y en a aussi beaucoup en psychiatrie.
      Mais, bon, ce sont les psychiatres qui récoltent, soyons franc, toutes les pathologies métaboliques et auto immunes comme virage de patients pseudo psy mais considérés comme chiants et surtout inintéressant car incurable bref par ségrégation pseudo eugéniste, d’ailleurs sans demander au psychiatre il y a gavage au anti dépresseur systématique des patients de ce genre malgré diagnostic… pour le confort des praticiens qui ne veulent pas entendre leurs plaintes… pour les LEP, les poly arthrites, bref les tétrazépam myolastan (benzo) pour la leur faire fermer car il n’y a pas de thérapeuthique médicamenteuse ou chirurgicale curative mais que du symptômatique (ils oublient l’éducation thérapeuthique du patient pour la maitrise des symptômes est un soin, et le maintient en rémission est cruciale, l’accès aux orthèses voir selon souhait du patient les reconstructions pour maintenir d’une activité professionnelle sont des ALD30 donc payées et non si cela est fait les patients incurables car chroniques ne sont pas forcément de futur AAH en puissance à traiter en paria…
      D’ailleurs que foutent les scléroses en plaque au rayon psychiatrique…
      Le gavage psychotrope traduit systématiquement les limites du praticien…
      exemple gavage au hypnotique type atarax pour des dermatoses et des allergies… tanganil pour des troubles de l’oreille interne sur motif incurable …
      Pour les diagnostics infaisables, ou n’intéressant pas et comme une fin en soi… la psychiatrie en débarras…
      Il n’y a pas de vrai anamnèse ni dialogue, encore moins de respect! sur motif que les diagnostiques ne tombent pas, ou dès qu’il y a ignorance du praticien… gavage… Avec aggravation par manque d’effectif dans les déserts médicaux donc plus de régulation de faite déjà qu’elle a juste le mérite d’exister… si en plus il n’y a plus de choix de praticien pour au moins pouvoir se barrer…
      Voir par ségrégation : habite un quartier pauvre tout le secteur au benzo… au motif de leur adresse avec considération qu’il est débile de facto… donc incapable de s’administrer quelque thérapeutique que ce soit donc ne pas prescrire… le huralge à la dépression pour masquer la ségrégation et les refus illicite de soins opposé au patient…
      Idem les addictions médicamenteuses j’ai beau être une andouille les patients sous lexomil plus de deux ans consécutif sans avis psychiatrique là ou la notice indique des durées de traitement plus base et incluant un sevrage progressif ce n’est pas normal…, les mise « en roche »… faire un addicte c’est un client contraint de revenir…
      Des abus il y en a aussi beaucoup en psychiatrie dont je suis témoin :
      gavage des victimes de violence au anti psychotique prétendu anxiolitique genre solian pour manipuler … suggérer que les violences comme des viols n’en sont plus que c’est de la prostitution… voir détruire leur témoignage considéré comme délirant devant les tribunaux…
      tiens les tribunaux : quand il y a des contraintes de soins… parlons des refus de dénonciation… en quoi c’est lié… les anti sociaux multirécidivistes savent l’invoquer en faisant leur chouineuse, puis non dénonciation = impunité donc quand une victime de violence l’ouvre le plus sordide que j’ai vu c’est qu’elle se fasse dézinguer au solian par celui sensé contraindre son bourreau à se sevrer…
      J’ai beau être une andouille les stérilisées de l’Yonne et les mortes violées assassinées sont liées, elles ont été stérilisées de force parce qu’elles étaient violées et malgré clauses de protection pour les aider à porter plainte, des toubib préfère les avorter et les stériliser plutôt que les violeurs soient arrêtés… Il n’y avait pas que Emile Louis et beaucoup d’autres HP se transforment en traquenards car les patiente = victimes désignées et impunités assurée, raison pour laquelle les gangs se réunissent et les repèrent… pour des viols collectifs et pas que dans l’Yonne… D’ailleurs les gynécon considèrent que les stérilisé est diagnostic…
      https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=492635180807766&id=383651021706183
      Autres « violences » je sais je suis une nouille totale, la skyzophrénie je n’ai su ce que c’était que après un délire d’un voisin dont j’ignorais l’existence (juste une odeur non identifié) qui a fracassé ma porte pour annoncer la fin du monde, j’ai cru qu’il allait se suicider par erreur en se défenestrant pour fuir son délire… là c’est bel et bien de la psychiatrie : personne pour le prendre en charge et lui filer son tercian ou par hospi en fermer de 15 j puis jetage à la rue sans suivis… (dixit faut pas avoir la nausée les cas invoqués c’est le même CCM!!!) il a fallu que j’écrive un AR au préfet pour les contraindre à éviter que ce vrai psychotique se tue, avec une vraie hospi à domicile, car il était équipé pour, mais pas de défaut de moyen pour escuse!
      Oui le connard qui déglingue au solian la victime de viol, pour inoculer un faux souvenir de force de prostitution, pour protéger des addictes avec une contrainte qu’il ne dénonce pas, c’est lui qui refuse son tercian au psychotique!!!!!

      Là de la part d’un psychiatre : vous pouvez lui accorder une palme de l’inhumanité, même si sur le motif du « pas critiquer » vous ne pouvez parlez sans représailles…

      Avouez quand même que j’ai pondérez sur le fait qu’il est inadmissible que les admissions en psychiatrie ne soient pas décidées par les psychiatres alors que jamais pour les autres spécialités ils ne s’y aviseraient.
      La palme des aliénistes est pas pour les psychiatres mais pour les urgentistes!

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