>Le diabète gestationnel : où en est-on de la prévention ?

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Ce diabète gestationnel , c’est quoi ? une « intolérance au glucose » comme un diabète classique, dépisté pendant une grossesse, sans diabète sucré connu antérieurement.
Les tests pour le dépistage sont de 2 types : la détection de glucose dans les urines, tous les mois. Ce test détecte les diabètes prononcés ;
les tests de glycémie forcé (nommé HGPO), où la femme enceinte doit prendre 75 g de glucose en une prise, puis 3 prises de sang 0, 1 et 2 heures après.

Il y a 25 ans (témoignage à l’appui), lorsque du sucre était découvert dans les urines analysées chaque mois, le gynéco disait : c’est du diabète gestationnel, ne vous en faites pas, ça passera après la grossesse !
Il y a 10 ans, lorsque les urines étaient normales, on ne proposait pas de test supplémentaire.
Il y a 5 ans, ce test (l’HGPO) était facultatif.
Il y a 2 ans, il fallait signer un papier indiquant qu’on dédouanait totalement le gynéco de toutes responsabilités au cas où ce test (non obligatoire) n’était pas effectué.
En janvier 2010, lorsqu’on a dit non à ce test (toujours non obligatoire), on nous a répondu, qu’on avait qu’à accoucher dans la jungle…

D’après le CNGOF (collège National des Gynécologues et Obstréticiens Français), en cas de diabète gestationnel diagnostiqué, sur la base du résultat de l’HGPO, la prise en charge est la suivante :

  • Autosurveillance : à proprement parler, il s’agit de faire comme les diabétique : se piquer le doigt pour mesurer son taux de sucre dans le sang, 4 à 6 fois par jour.
  • Régime sans sucre rapide (plus de fruits ?!)
  • Insulino-thérapie si le régime ne suffit pas à rétablir une glycémie a jeun correcte dans les 7 à 10 jours (quelle urgence !)
  • Activité physique
  • Même en cas de diabète équilibré; échographie supplémentaire à la fin de la grossesse.
Bon, venons-en au fait : c’est quoi les dangers du diabète gestationnel ?

Pour la mère : euh… aucun. Si des données de la littérature indiquent une corrélation entre diabète et hypertension gravidique, aucune relation de cause à effet n’a pu être établie. Comme cette hypertension gravidique est elle aussi dépistée chaque mois de la grossesse (albumine dans les urines, contrôle de la tension lors des rendez-vous mensuels…), il y a peu d’intérêt dans le dépistage, pour les personnes ne présentant aucun facteur de risque. Il est à noter toutefois qu’une étude récente montre un bénéfice du traitement du diabète gestationnel dans la survenue d’hypertension gravidique, ce qui va dans le sens d’un intérêt du dépistage pour les personnes à risque (âge maternel avancé, antécédent d’hypertension gravidique, …).

Pour l’enfant : Potentiellement de macrosomie (poids de naissance supérieur à 4 kg). Le risque est proportionnel au taux de sucre dans le sang : diabète très prononcé, risque de macrosomie important. A part cela, aucun lien n’a pu être démontré. Et encore. 90 % des macrosomies n’ont rien à voir avec le diabète gestationnel.
On a pu entendre des choses terribles : mort in utero, detresse respiratoire, … (source : recommendation du CNGOF, 1996), mais aucune corrélation n’a pu être établie.

On oublie souvent les conséquences du dépistage, et un diagnostic positif : anxiété chez les femmes enceintes, un plus grand nombre de passage aux urgences gynécologiques, et par voie de conséquence, plus de césarienne non médicalement justifiée (source  : Recommendations de l’Haute Autorité de Santé, 2005)

Si en 1996, le CNGOF recommendait un dépistage systématique chez toutes les femmes enceintes par l’HGPO, quelques soient les facteurs de risques présents ou non, la Haute autorité de Santé, en 2005, mettait en doute toute utilité de dépistage. Depuis déc. 2010, le CNGOF propose un dépistage ciblé, pour les personnes considérés comme à risque, tout en détaillant le fait que les risques était quasiment nul…

Alors si on laissait les femmes enceintes un peu tranquille ? Parce qu’elles ne peuvent déjà plus manger de fromage au lait cru (prévention contre la listeria), plus de viande pas parfaitement cuite, et de légume et de fruit cru (prévention de la toxoplasmose, plus d’aliments trop gras ou trop sucré (prise de poids maternel trop importante), plus alcool…
Peut-être que ça fait un peu trop ??!!!

Sources :

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6 Responses to >Le diabète gestationnel : où en est-on de la prévention ?

  1. Anonymous says:

    >Merci pour ces informations et cette analyse ! Je me rappelle la 2nd grossesse de mon épouse et des tests qui lui avaient été imposés par rapport à un risque minime de diabète gestationnel. Il y avait eu 2 test HGPO, le 1er à 75g de glucose qui était limite, et le 2nd à 2 fois plus de sucre si je me rappelle bien (réellement imbuvable) pour un résultat négatif.En apprenant que le risque avéré est à peu près nul, et "au pire" pas vraiment grave (de toute façon le gynéco sera là à la fin de l'accouchement pour faire une épisiotomie en cas de gros bébé … ou bébé normal d'ailleurs)… cela donne envie de distribuer quelques claques…Encore merci 🙂

  2. pascale says:

    >Merci pour ces info !Je suis d'accord, qu'on nous laisse tranquilles ! tiens je parle encore comme si j'etais enceinte alors que BB a un an !Moi ce qui m'a énervée,c'est comme le témoignage précédent, c'est que j'ai du faire un 2e HPGO (dose de sucrre doublée) et ceci, présenté comme obligatoire car le 1er test, j'etais juste 'sur le trait" de la fouurchette autorisée…bref, faire un suivi OK, mais ne pas aller trop loin tout de meme !Finalement, pas de souci au vu des résultats HPGO

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